Conte blanc - partie 1

Publié le par Maylala


Il était une fois une fontaine de marbre blanc, presque un simple bassin, parfaitement rond, et qui contenait une eau d'une pureté incomparable.

Au village où elle se trouvait, personne, pas même le plus vieil habitant, n'avait jamais entendu parler de sa construction. C'était tout à fait comme si la fontaine avait toujours existé, au milieu de la forêt, et que le village avait été construit, petit à petit, tout autour.

"C'est l'oeuvre d'une fée", disaient certains, "Ou plutôt de quelque démon", répondaient d'autres. Dans le doute, tous évitaient d'en approcher, et bien sûr, de toucher à la belle eau transparente. Seul le vent audacieux venait parfois en troubler la surface miroitante...



Une nuit, un voyageur entra dans ce village. Lui était parti si longtemps du sien qu'il l'avait oublié. Peut-être avait-ce été justement le but de son voyage, mais du but non plus il ne se souvenait plus. Il marchait désormais sans y penser, parce que c'était ce qu'il faisait le mieux.

Mais cette nuit-là, le bois qui crépitait dans les foyers, derrière les portes closes (le voyage en solitaire développe beaucoup les sens, en particulier l'ouïe et l'odorat) lui rappela qu'il était aussi très talentueux... pour ce qui était de dormir au chaud.

Il frappa donc à une de ces portes, afin de demander le gîte... et peut-être lui servirait-on un repas? C'est au moment où son visage, à cette idée, exprimait le plus d'avidité que la propriétaire des lieux ouvrit, et cela devait être effrayant, car elle poussa un cri perçant, ferma la porte, et courut réveiller son mari.

Le voyageur (qui avait aussi acquis de bons réflexes sur la route) disparut aussitôt, si bien que le mari réveillé ne trouva personne à la porte, et revint au lit grommelant que sa nouvelle femme n'avait pas moins d'imagination, quand il s'agissait de le réveiller en pleine nuit, que son ancienne.



Le voyageur avait pris la fuite par la rue principale, et était parvenu à la grand' place, au centre de laquelle trônait la fontaine. La pleine lune la baignait de sa lumière froide, sans vie, et se reflétait à la surface de l'eau immobile, en un disque blanc parfait.

A la vue de ce spectacle, l'homme réalisa qu'il n'avait pas vu son visage depuis des mois (des lunes), et qu'il avait même perdu la conscience d'en avoir un. "La femme de tout à l'heure, elle, l'a vu", se dit-il. "Et elle en a eu peur".

Prudemment, il se pencha au-dessus de l'eau. Et là, au lieu de ses joues creuses, de sa barbe brousailleuse, de ses cheveux gris et mêlés de feuilles brunes, apparut le visage angélique d'une jeune femme.

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jayce 01/05/2011 22:16


haaa voila qui est des plus etranges !!! la suite .... :0d


Maylala 01/05/2011 22:17



tout de suite, la suite pour monsieur!



k 30/04/2011 07:03



Oh ça me rappelle mon enfance pleines de livres de contes! et j'attends la suite avec impatience ;)



Maylala 30/04/2011 09:20



Pas de gran mèr kal dans celui-là :)