L'amour chrétien, réflexions sur

Publié le par Maylala

La charité, quoi. L'amour par défaut de son prochain. Pourquoi vaut-il moins à mes yeux que tous les autres amours?

Il y a une espèce de théorie fumeuse qui voudrait se faire passer pour de la Science (comme toutes les autres théories fumeuses de la Science-fiction) qu'on appelle la vallée dérangeante. Une courbe donnant l'évolution de la "familiarité" (on va de la révulsion qui fait faire des cauchemars à la sympathie) en fonction du degré de ressemblance avec un humain d'un robot, ou d'une image de synthèse, ...
Bien sûr, à 0% de ressemblance, il y a indifférence. Sauf si vous avez la phobie des calculatrices, et si vous l'avez, je vous serais bien gré de m'en donner le nom scientifique, que je puisse briller dans les salons. Après, la sympathie augmente jusqu'à un certain point, qu'ils ont évalué je ne sais comment à je ne sais combien, et qui correspond au robot doré de star wars, ou à tout ce qui a de grands yeux. Ensuite, décroissance vertigineuse avant de remonter in extremis, au niveau du quasi-humain, à une familiarité maximum.
Ce "trou" subit, c'est la "vallée dérangeante", où sont tapis les robots humanoïdes mais pas assez (autrement dit, tous ceux à qui ont un visage en latex, à mon avis) et les images de synthèse aux yeux de taille normale, et donc, forcément inexpressifs.
(Ce n'est pas tellement que la courbe me semble fausse, mais je doute de la mesurabilité des quantités, en abscisse comme en ordonnée, tandis que ce dégoût s'explique, je pense, bien plus simplement que de laqu'ils avancent).

Voilà ce qu'il en est de l'amour chrétien. Il a l'air humain, mais ne l'est tout juste pas assez, et du coup, il me paraît monstrueux.

Pas de choix, pas de mérite pour l'aimé. Et nul besoin de connaître l'aimé, donc pas non plus de mérite pour l'aimant.
Que l'on ne s'y trompe pas, j'ai moi même des "préjugés positifs" vis à vis des personnes que je ne connais pas. Mais déjà, ce n'est pas tellement que je les aime, mais je leur suppose un caractère aimable. Je leur souhaite du bien, non pas parce que je suis gentille, mais parce que j'ai de l'imagination et de l'empathie. Et il me semble qu'il est plus "agréable", quand on souffre, de savoir que quelqu'un s'approprie notre douleur particulière, même en inventant beaucoup, pour nous comprendre, plutôt que de s'entendre dire "oh, oui, bien sûr, toute souffrance d'une création de Dieu est triste".

Mais peu importe ma façon de fonctionner, qui n'est de toute façon pas celle de tous les jours, car si on commence à être malheureux pour tous les autres en respectant les particularités, on n'en sort jamais.

Ce qui me semble monstrueux, c'est la distance à l'humanité vraie. Donc, Agapé d'accord, mais pas que. Pour ne pas me paraître monstrueuse, une personne doit pouvoir aimer de l'amour bête, égoïste, celui qui prend sa source dans les vides à combler, les actes manqués, les oedipe irrésolus, ou tenez, même détester suffit, ou envier, ou être triste. J'ai peut être tort de penser que l'Humanité réside dans ses faiblesses?

Et Agapé d'accord, mais pas en priorité non plus. Pour me paraître humain, il faut pouvoir aimer son frère plus que son prochain, ou même que mille de ses prochains. Par égoïsme, toujours, mais aussi sûrement par loyauté, et parce que préférer, mettre au-dessus, distinguer, c'est refuser la neutralité et l'interchangeabilité, et refuser, ou ne serait-ce souffrir quand on ne peut qu'accepter, c'est vivre. 

Et, achevons donc cet organigramme de mes priorités, il faut pouvoir préférer son frère, mille de ses prochains, ou même un seul, à n'importe quel Dieu qui soit. A priori, il est parfait, lui, alors il en a carrément moins besoin.

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Jayce 08/08/2010 15:58



c'est moi ou c'est vachement spirituel en ce moment par ici !! ;0).... enfin moi je dis ça je dis rien !!



Maylala 17/09/2010 17:57



Heeeeey!


C'est toujours très très spirituel, ici, limite sacré.


D'ailleurs, j'espère que tu as enlevé tes chaussures avant d'entrer.



Mademoiselle Catherine 22/07/2010 13:41



La phobie du Père Noël s'appelle la paternatalophobie, tout simplement :)


Et pour ta peine, voici même le lien vers un site entièrement dédié à des Pères Noël qui font peur >>> http://www.creepysantaphotos.com/ (au secours !!!)



Mademoiselle Catherine 19/07/2010 16:39



L'amour chrétien me parait être une vaste blaque permettant à certains braves notables de se donner bonne conscience...


En étant complètement agnostique, je suis toujours partie du principe qu'il ne fallait pas faire à l'autre ce que je ne voudrais pas qu'il me fasse, et ce, quelle que soit son appartenance
religieuse (car j'ai comme l'impression que les juifs n'aiment pas venir en aide aux musulmans qui n'aiment pas beaucoup les chrétiens qui, eux, le rendent très bien aux juifs) (et vice-versa).


Je n'appelle pas ça de l'amour chrétien, mais du respect d'autrui, tout simplement.


 


Sinon, j'ai effectué quelques recherches sur la phobie des calculatrices, mais je n'ai pas trouvé son nom scientifique. Par contre, au cours de ces recherches, j'ai su enfin mettre un nom sur la
phobie qui me noue les tripes depuis l'enfance : la coulrophobie (la peur des... clowns, authentique !
:/)



Maylala 19/07/2010 22:43



aaaah faut absolument que je sache comment on appelle la phobie du père noël! classique, avec celle des clowns, justement. je connais une petite fille qui avait peur des clowns, du père noël,
et... des robes de mariée!


en tout cas, c'est gentil d'avoir cherché :)