Du meilleur profil de la foi

Publié le par Maylala

De nombreux vieux amis me parlent de plus en plus de religion. Certains s'y sont mis récemment, pour d'autres, il semble juste qu'avec le temps, les convictions et la fierté d'avoir ces convictions s'affirment.
A moins qu'ils ne leur semble simplement très clair que j'ai besoin de Dieu et compagnie. Et, ma foi (!), ils en viendraient presque à me convaincre.

On a déjà essayé de me prendre par les sentiments. Via les jolies chansons, les dragées et la robe de communion, la fierté de ma mémé, mais aussi à grand renfort d'idées toutes roses et sucrées. Qui sont foudroyantes pour mon cas désespéré d'élevée-à-la-comtesse-de-Ségur.
Du genre: la vie est juste et bien faite. Tout le monde est bon, Dieu veille sur nous tous, et on peut invoquer Marie Jésus et tous les saints en mode attaque, et on est livrés avec tous les points nécessaires de défense.

Bref, ça a marché un temps, mais ça ne m'a pas convaincue pour l'éternité qu'il était nécessaire d'avoir la foi et d'avoir conscience d'avoir la foi. J'ai donc continué (de façon discontinue) à croire en la beauté du monde, mais sans y voir beaucoup de spiritualité, juste un certain optimisme. Donc, pas d'église sauf baptêmes et mariages, pas de lecture de la Bible ou affiliés, quelques prières mais empreintes de second degré.
Si bien que j'ai basculé au mi-agnosticisme, mi-athéisme, choisissant selon mon humeur.

Et c'est à ce moment de l'histoire qu'interviennent les pieux amis.
En me mettant sous les yeux un puissant argument: eux savent que Dieu les aime. Et ça change tout.
Surtout pour la horde de mes semblables: ceux qui ne conçoivent pas leur existence en soi, les allergiques à la solitude, les boulimiques d'amour et d'attention.
Petite mise en situation pour bien identifier les protagonistes:

     A: "Faut absolument que je me trouve un mec.
     B: Mais pourquoi? Penses-tu en avoir besoin pour exister?"

Voilà, A est assurément un membre de mon équipe, et B est dans celle de Jésus, celle qui part en favori.
A moi les valeurs morales douteuses, les nombreuses ruptures après histoires bancales. Je suis du clan des dépendants psychologiques, des égoïstes, des reporteurs de frustrations.
Parce que les croyants, eux, reportent tout sur Dieu, et comme ils croient très fort en sa perfection, n'ont jamais de reproches à lui faire.
Et en ont moins à se faire à eux-même, aussi, étant tant aimés et d'un amour si pur et infini. E
t connaissent la paix intérieure, et ressentent la divinité de leur être.

Voilà, pour moi, si l'idée d'un retour à la religion pourrait me séduire, ça serait pour m'apprendre à être seule. Oups, pardon, pour m'apprendre que je ne suis jamais seule.


J'ai de l'imagination, ça pourrait marcher. Je pourrais bien m'imaginer, lors des coups durs, un câlin divin, et après mes erreurs un pardon divin (sans passer par la case confession face au prêtre, quand même), et et cetera.
Je suis cap', figurez vous (je l'ai fait à mes communions, et en amour aussi) de provoquer une intelligente combinaison de vertige, d'adrénaline et d'images mentales donnant une vraie impression d'illumination. Genre, je sens trop Dieu en moi.

Il faudrait m'y mettre sérieusement et ne pas flancher. Mais j'ai un problème avec les premiers pas, et avec celui-ci, à mon inertie légendaire s'ajoute un blocage dialectique: tant que je ne suis pas lancée, je n'y crois pas. Et tant que je n'y crois pas, je me sens bien ridicule de me lancer.

Revenons aux amis nouvellement convertis. Qui, autrefois, me semblaient me ressembler. Qu'est-ce qui les a poussés, eux?
Je n'ai pas franchement demandé, je raisonne:

Alors il y a le plus démoralisant des cas. Le j'étais-au-fond-du-gouffre-Dieu-m'a-tendu-la-main. Quasiment universel.
Donc, Dieu serait une sorte de charognard? (ça n'est pas franchement péjoratif, j'aime beaucoup les vautours, par exemple). Pire, un sadique, car il est censé avoir tout prévu/voulu, et donc, avoir placé lui même le gouffre
sous les pieds de ses proies pour les piéger? c
A un tel prix... je ne suis pas pressée de trouver la foi.

Autre cas: le cas de l'arrivée, non pas au fond du gouffre, mais dans une impasse, où tout à coup quelqu'un passe qui semble, lui, trouver un chemin, et on se dit, fort bien, allons voir.
Non, on ne suit (à l'aveugle!) ce quelqu'un que:
1°) si l'on est désespéré, et alors, se reporter au premier cas.
2°) si l'on trouve que ce quelqu'un irradie. Parce que quand même, il s'agit de suivre quelqu'un dans un chemin sombre. Une personne non préalablement touchée par la grâce de la foi a besoin d'un peu de lumière. Fin des métaphores, jeunes gens, je parle de suivre quelqu'un dans sa religion par amour.
Ça, à la limite, je veux bien.

Parce que j'ai un (autre) problème avec Dieu: je n'arrive pas à le voir autrement que comme une institution. Certes, une institution respectable (encore que ça dépend), mais difficile à aimer.



Bon, quitte à ne chercher en un Dieu que de l'amour, et quitte à devoir l'aimer pour croire en lui...
Je crois que je peux aussi bien attendre d'avoir foi en QUELQU'UN.

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Jayce 19/03/2010 19:55


perso je suis allergique au discours "dieu m'a donné foi !!" (désolé pour tout les fans d'ophelie winter) et du discours "toi aussi demande a dieu pardon"....

bref... j'ai du mal. Dieu et moi on a passé un accord il y a longtemps, il ne se mele pas de ma vie, il me fiche la paix et en retour je viens pas l'emmerder avec mes prières et
genuflexions... et c'est un accord plutot honnete !!...

ça n'empeche pas que je puisse  parler religion, mais faut pas essai de me convaincre que "dieu, c'est bien" et que "jesus veille sur moi"...

en fait, c'est pas tellement dieu, jesus et la floppé de saints que je peux pas blairer mais c'est bien le proselytisme et le mec qui le fait. 
  
et là en te parlant de ça, j'ai un debut d'article qui me vient à l'esprit (sain a defaut de saint)....
je vais laisser murir tous ça et voir ce qu'il en sort !! ;0)
bize


Maylala 19/03/2010 20:22



oh, je n'en ai pas parlé, mais je suis un peu allergique au "culte" aussi (sauf d'un point de vue traditionnel, ce qui fait partie de mon patrimoine culturel, quoi).

mais j'ai des amis intelligents qui ont su me faire réfléchir (et pas me dire "ce sont des pas-comme-moi" et faisant non de la tête), en me parlant plutôt de ce en quoi je peux croire:
spiritualité et amour.

je guetterai ce nouvel article!