"Je n'aime que toi"
Avec ce titre, on dirait un poème! (confere les guillemets, les papillons et les petites marguerites implicites...)
Mais je n'aime pas les poèmes, enfin, j'aime beaucoup mais uniquement les très très réussis, ou bien les très purs. Quand je m'essaie à l'exercice, je trouve ce que je fais très guindé.
Fin de la parenthèse, début de l'article. Si je gère bien, à la fin, en conclusion, je reviendrai à l'idée de poème. (Oui, hum, ceci est un article "je-me-lance-à-l'aveugle-sans-savoir-où-je-vais", mais il paraît que c'est mieux que rien).
Dans mes lectures (certes pas dans les plus philosophiques) ou parfois dans des films, ou (ça arrive plus rarement encore) dans la vraie vie, j'aime rencontrer des amoureux fous. Ceci, à condition que leurs amours soient compréhensibles. Qu'il soient expliqués, ou que leurs raisons se devinent.
Je ne parle pas de raisons d'aimer en général, mais de raisons d'aimer une personne en particulier. (Les autres m'intéressent aussi, les amours incompréhensibles aussi, mais pas dans le cadre de cet article.)
Du genre, des yeux profonds comme l'océan, un rire débordant d'enfance, de l'espoir en toute occasion, un entêtement sans bornes, un humour douteux, des goûts particuliers, des mimiques, une manière de penser, des choix d'existence, une façon de sentir...
Et bien plus encore, et le plus souvent, des combinaisons de tout cela et du bien plus encore.
A priori, cela devrait me convaincre de ma possible unique extra-ordinnarité, car visiblement, n'importe qui peut être spécial. Mais, vous aurez assurément senti venir le paradoxe, si tout le monde est spécial... alors personne ne l'est.
Ah mais voilà! tout le monde est spécial... aux yeux d'une personne. Toutes ces qualités et adorables défauts ne sont qu'énervants traits de caractère et ... détestables défauts aux yeux du reste du monde.
Et si je n'y ai pas pensé tout de suite, c'est parce que déjà, dans la plupart de ces livres (bah oui, sont pas assez philosophiques), fims et même dans la vraie vie, les narrateurs ne s'embarrassent pas de ce "détail". Et aussi, et ça doit être lié, je tombe, moi, amoureuse (très souvent), et de personnages et dans la vraie vie, sans me soucier de la "correspondance" qu'il pourrait y avoir avec moi (c'est lié, disais-je, parce que je crains fort d'avoir appris l'amour dans les mauvais livres). Et même que l'éventuelle intervention de mon existence dans celle de la personne dont je suis amoureuse me semblerait incongrue, enlaidissante, un cheveu sur l'ambroisie.
Oh et puis, je suis sûre que tout le monde tombe amoureux par goût (juste, je ne suis pas difficile) et pas par raison, mais presque tout le monde se rend vite compte (un certain âge passé) que ça n'est pas raisonnable.
Raisonnable? Aaaaah mais tout s'éclaire. Je ne peux pas être raisonnable, ma religion me l'interdit, à moins que je n'y sois allergique, je ne sais plus.
(et je vais penser très fort à un poème guindé à mettre ici)