Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 08:34


Je déteste le mot "élite".

Sont-ce mes gènes de semi-prolétaire? Ou de bêtes complexes? Très certainement.

Je vous parlais (rapidement) l'autre fois (il y a bien longtemps) de mon antipathie aux apparences de rancœur vis-à-vis des "intellos". Il y a là une proche parenté. Je déteste le mot "élite" et m'éloigne de tous ceux qui se qualifient ainsi, parce que par cette utilisation je me sens disqualifiée, rejetée.

Et la vieille frustrée que je suis n'a pas peur de le dire.




Cette aversion ne s'est pourtant pas déclarée très tôt.


Le mot a fait son entrée dans mon vocabulaire ambiant quand j'ai dû choisir ma filière au lycée, bien que l'expression consacrée ait été "la voie royale". Je n'y ai jamais cru, et mon choix s'est fait en rapport avec mes curiosités. S pour Synthèse de l'arôme de banane et pour virus du Sida.

Puis il en a été question au moment du baccalauréat, mais sans attardement. Ma mention m'a surtout valu un bon d'achat de 50 euros offert par le Rotary Club de ma ville, qui s'est transmuté en un jean lui-même très élitiste, et qui a très vite refusé mon entrée: je n'étais plus de taille.


Pour causes, une puberté tardive et l'intégration d'une classe préparatoire aux grandes écoles, une "prépa", et la mienne répondait au doux nom de BCPST (Biologie Chimie Physique Sciences de la Terre mais avec pas mal de Maths aussi).



C'était une prépa du genre sympa. Pas de prof spécialisé dans la descente en public et en règle, pas de coup vache entre élèves pour gagner des places, et pas de pressions autres qu'auto-appliquées et volontaires pour absolument réussir les plus grandes écoles.


Le mot élite, que j'avais si bien ignoré jusqu'alors, m'y est apparu comme une grossièreté qui venait de la bouche de grossiers personnages: de certains (très peu) de mes camarades de classe, qui de mon avis général avaient bien tort de se considérer comme des haut-de-panier; et de certains de mes professeurs, surtout en fait d'un seul, qui de l'avis général de ceux qui ne se revendiquaient pas comme élite était un abruti (et qui était aussi le seul à n'avoir connu au bout d'une année - où il n'enseignait que dans notre classe - que cinq ou six prénoms) (mais qui devait bien avoir un coeur après tout).

Ce professeur, bien sûr, était du genre à se rengorger du moindre de ses accomplissements.
Parmi ces accomplissements, il y avait l'étoile au firmament de sa prépa à lui, une des grandes prépas parisiennes, et une prépa non-bio, bien sûr.




Quelques années plus tard (mes crampes au cerveau soignées, mon nombre minimum exigible d'heures de sommeil revenu à 8 et, ma ville, ma Paris trouvée), par un hasard (ou un profilage!) malvenu, Facebook me propose de rejoindre un groupe (qui hélas n'existe plus).



Image-36-copie-1.png

Henri, Louis et leurs copains, en tant que prépas réputées, je connaissais.
En tant que "simples" lycées, je connaissais aussi un peu, et détestais déjà cordialement les principes.
 

 

La Maison d'Education de la Légion d'Honneur, ça c'était le pompon.

 

 

 

 

Jamais je n'aurais pu intégrer ce collège/lycée-là. Ce collège/lycée-là est réservé. Il y a une certaine classe de la population (les filles et petites-filles de personnes ayant reçu la Légion d'Honneur) qui seule détient les entrées de cette portion de ce qu'on appelle "l'élite", et pour le coup, le mérite personnel passe totalement en second plan.

Je n'aurais pas pu non plus entrer dans les autres lycées élitistes cités. Je ne suis pas de Paris, je ne suis même pas du continent, et probablement, mon dossier n'aurait pas été suffisamment bon. Je ne serais même pas allée en école privée: ni mes parents ni moi n'en auraient eu l'idée. Et je n'ai pas eu pour premier voeu post-bac une prépa prestigieuse, je n'en ai jamais connu l'ambition.



Et l'ambition, et les cours privés, et savoir écrire à 4 ans et jouer du hautbois à 5, pour moi, depuis toujours, c'est un truc de petit-bourgeois, totalement étranger, un truc à quoi moi je n'ai pas eu droit.




Aujourd'hui, maintenant que je sais mieux où je vais, et maintenant aussi que je connais un peu les enfants que leurs parents préparent longtemps à l'avance à être l'"élite", je réalise que cela vaut sûrement mieux, étant donnée la personne que je suis, si j'ai surtout dessiné à la maternelle, surtout glandé et pensé à mes futurs amours au collège, surtout glandé et été amoureuse au lycée, et si j'ai choisi ma prépa super sympa où j'ai tout relativement glandé, pas mal appris de trucs chouettes, et pris le temps de me connaître et, eh bien, de vivre les événements comme ils se présentaient.





Cependant il me reste cette sensation qu'il y a eu triche, parce qu'il ne peut y avoir de titre si tout le monde n'avait pas le droit de participer.

 

Et bien sûr, il y a aussi un désagréable sentiment, celui d'être prise de haut de certains côtés.

 

 

 

 

Et alors je me souviens que lorsque j'étais en prépa, certaines des surveillantes de l'internat nous trouvaient bien condescendants, à demander des privilèges en vertu de nos statuts (les dits privilèges consistant pour la plupart, il faut bien le dire, en des aménagements pour que l'on puisse encore plus travailler).
Et puis il y a eu cette formidable mésaventure lors de laquelle mon moniteur d'auto-école s'est emporté à cause d'une de mes questions, parce qu'il m'avait déjà répondu ("oui mais j'ai pas compris la réponse") et que, "BON SANG, C'EST PAS PARCE QUE TU FAIS PREPA QUE TU DOIS TE CROIRE PLUS MALIGNE QUE MOI!!".


Bref, on ne voit de condescendance, parfois, que là où (plus ou moins consciemment) l'on se croit en-dessous.

 

 

 

 

 

Bref, je déclare la guerre au mot "élite", qui ne veut Rien dire (à chacun ses talents et tous ne sont pas mesurables ou même comparables), ainsi qu'aux affiliés limitants et vecteurs de préjugés.


J'élève solennellement "élite" au rang de gros mot, et celui d'"élitiste" au rang d'injure. Surtout quand il qualifie un professeur. 

Publié dans : leçons (illégitimes) de morale
Il y a 3 commentaires, quelle ambiance! - Commenter, c'est bon pour c'que vous avez!
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 12:44

         

          - Nan!

          - Si!

          - Nan!

          - Si c'est à moi!

          - ...

          - ...


http://5e.img.v4.skyrock.net/5e2/lessimpsonsduvar/pics/2322379493_1.jpg

 

 

 

          - Non! C'est pas-t-à toi!  

 

 

 

 

 

 

           

Publié dans : dialogues absurdes
Il y a 0 commentaires, quelle ambiance! - Commenter, c'est bon pour c'que vous avez!
Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 19:59

 

- Alors maintenant, je mets mon cligno...?

- ...taant!

- A gauche, oui très bien! Parce que la ligne est discontinue et qu'il y a un véhicule lent que je veux dépa...?

- ...sseeer!

- Super les jeunes vous avez tout compris! Vous allez tous l'avoir ce co...?

Publié dans : dialogues absurdes
Il y a 0 commentaires, quelle ambiance! - Commenter, c'est bon pour c'que vous avez!

Kosa i lé?

  • : Mieux que bien
  • : 18/12/2009
  • Mieux que bien
  • : Mes bien humbles pensées exprimées avec mes bien humbles mots. Humbles, mais dignes d'intérêt, bien sûr!
  • Partager ce blog
  • Contact

Ziskakan?

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Zot la di...

Vien a zot!


Zimaj

  • DSCF4642
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés