Feuerwerk

Publié le par Maylala

A l'occasion de ce 14 juillet (prise de la Bastille toussala), je vous livre un petit top 4 (ordre chronologique) des feux d'artifice de ma vie. Si ma vie ne vous intéresse pas, je vous donne rendez-vous au dernier paragraphe, que je vous file un lien marrant, histoire vous ne soyez pas passés pour rien.


N°4: Allon marron!

 

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J'ai fait, petite, avec toute ma famille de ce temps-là (soit moitié moins de monde que celle complète de maintenant), de la figuration dans une comédie musicale en plein air appelée "Allon Marron!"
Il y était question de l'esclave Zordi, de sa copine la fille du maître, Marie, qu'il avait mise enceinte, du bébé métis na poin dtrésor pli bel ke li, de leur fuite vers les hauts avec les marrons, d'une autre fuite, en bateau, ratée il me semble, et de l'abolition de l'esclavage.
C'était le grand événement de la ville de Saint-Joseph, et la scène se situait devant la caverne des hirondelles, au pied du Piton Babet, pour ceux qui connaissent.


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Je ne sais plus s'il y avait un feu d'artifice à chaque fois, ou alors s'il y en avait eu juste pour la dernière, ou alors juste pour la fois où le spectacle était rediffusé à la télévision.

Ce qui avait lieu à chaque fois, à coup sûr, c'était une magnifique descente aux flambeaux (créoles), le long du piton qui était alors dans mes yeux la plus imposante des montagnes.
Le(s) jour(s) de feux d'artifice, je ressentais une formidable cohésion, d'une part entre les figurants (qui n'en étaient plus dans mes yeux, qui étaient de vrais esclaves, de vrais marrons), et d'autre part entre les lumières des hommes et celles du ciel.


N°3: Dans le camion!


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Je viens d'une famille nombreuse, et ma mère est agricultrice. Par conséquent, nous nous déplaçons en groos camion. Qui domine la foule des autos d'un bon mètr e cinquante, qui nécessite deux places de parking, et qui peut contenir, dans sa benne, tous les enfants ET leurs vélos. Par exemple.
 
Je voulais placer dans cette liste les fois où l'on a pu, depuis cette benne, se brûler les yeux face au plus grandiose des feux , celui qui surgit, liquide à la viscosité changeante, de notre fier volcan. Or rien n'est moins artificiel que ça.

 

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Mais dans le même esprit, et dans ma tête, d'une façon indissociée (comme si par l'intermédiaire du camion les deux spectacles s'étaient mêlés l'un à l'autre), il y a ce feu de 14 juillet que l'on a pu voir, depuis un parking, idéalement positionnés, tous les enfants dans la benne, aucun à pleurnicher ou à demander qu'on le porte parce qu'il ne voit rien.

Mais ce n'est pas ce défaut de pleurnicherie ni ce poste d'observation supérieur aux autres et donc, apparentable à un trône (si si) qui font entrer ce feu dans mon classement.

C'est surtout le fait que c'était le premier que voyait réellement mon petit dernier de frère. Qui n'avait pas deux ans. Dont les yeux émus brillaient de mille feux (comment ça c'étaient les reflets?). Dont la petite tête devait déborder de couleurs et de bruits d'explosions. (Avec un décalage bien sûr, allez relire Jules Vernes). Qui, constatant la joie environnante, n'était pas vraiment inquiet (après tout, à cet âge, tout est une nouveauté à laquelle on ne s'attendait pas), mais qui me serrait bien fort, au cas où.


N°2: Fête des vendanges!

En termes de culture musicale, je suis une catastrophe ambulante. En termes de goûts musicaux, peut-être aussi.
C'est que j'ai forgé ces deux derniers essentiellement auprès de ma famille, ce qui signifie, majoritairement auprès de ma mère, inconditionnelle de "chanson française". Par exemple, j'ai chanté pendant des années, en voiture, à la maison, tout Claude François, Joe Dassin ou France Gall.
Aujourd'hui, extirpée de ce vortex d'influence (je m'y efforce depuis le temps du collège, probablement), j'en suis à ne plus supporter d'entendre la moindre note de Frédéric François (déjà rien que taper le nom...), à toujours avoir la larme à l'oeil en entendant "Dis moi, Céline", et... à connaître encore mieux qu'avant, presque entièrement en fait, les répertoires de sombres inconnus tels que Brel, Gainsbourg ou Brassens.

On y vient on y vient.

La fête des vendanges a lieu à Montmartre, qui est un de mes endroits préférés de Paris. Je n'y ai assisté qu'une fois. Debout dans une des étroites rues en pente bordées de restaurants de boutiques et de bars ornés de guirlandes multicolores, entourée de gens tenant des verres de vin, avec la basilique, tout en haut, blanche sur fond de ciel mat, bleu nuit, (hey non, pas d'étoiles à Paris) (ou si peu), j'étais accompagnée du petit copain de l'époque et d'une amie de toujours.


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Et ça avait commencé. De la musique du Paris et de la France d'avant, celles qu'on aime, de la musique que je connaissais, pour une fois, donc, tous les gens qui chantaient et moi avec, et les feux qui dansaient derrière la basilique, en rythme, vraiment en rythme, d'une façon tout à fait semblable à ce qui se passe dans ma tête quand j'ai un peu bu et que par exemple je mange quelque chose que j'aime bien sans trop avoir conscience de ce que c'est. La joie de pouvoir partager ça.



N°1: Kölner Lichter!

La fête des lumières de Cologne a eu lieu samedi dernier, et j'y étais. Sauf que ce n'est pas cette fois-là que je classe ici, j'y suis allée seule et ça c'est éliminatoire (mais un monsieur un peu bourré m'a gentiment offert une bougie, merci à lui, et les allemands ne sont pas "froids" hein vzavez rien compris vous qui croyez ça, ils le sont peut-être seulement à jeun).

Donc en fait, je parle d'un feu d'artifice à venir, et qui cumulera en quelque sorte tous les bons points des précédents.

Ça sera un feu de la fête des lumières de Cologne, et donc en tant que tel il comprendra:

- un triplet de feux parce qu'il en faut bien un tous les 100 000 spectateurs, quand même (trois lieux, trois points de départ, trois spectacles qui se répondent l'un à l'autre);
- des feux qu'on ne voit pas souvent, par exemple (session rooomantique) des feux en forme de coeurs roses, ou encore des feux adaptés à leurs décors, panaches au dessus des ponts, ...;
- des bateaux illuminés qui glissent lentement, majestueux, sur le Rhin;
- des gens à n'en plus finir sur le pont à cadenas d'amoureux, sur les rives à n'en plus finir, et aussi sur les bateaux, avec leurs bougies-feux-d'artifice (ça, je sais pas comment ça s'appelle en vrai, ah, oui, "bâton de feu d'artifice", Google me dit) allumées émouvantes et mouvantes surtout de loin, d'une rive en regardant l'autre, on dirait des lucioles comme dans les dessins animés;
- de la bière;
- des allemands qui chantent à tue-tête avec les hauts-parleurs des chansons allemandes qui font battre leurs coeurs alcoolisés à l'unisson;

 

 

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Sauf qu'en plus:

- je serai sur un bateau, histoire d'avoir le point de vue idéal;
- j'y serai avec des gens que j'aime, le nouveau petit ami par exemple (baiser au moment des coeurs roses, bah ouais) (sérieusement, il y avait un couple juste en face de moi ils n'arrêtaient pas de s'embrasser l'univers me doit une revanche), ou alors avec un nouveau petit frère, celui-là est usagé, à 4 ans les enfants sont déjà blasés de nos jours;
- et je connaîtrai quelques-unes des chansons (là, j'apprends celle-là) et je connaîtrai assez l'allemand pour comprendre les paroles des autres.

 

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Sur ceux, bonne fête et bon feux à tous!



(Et pour ceux qui ne sont pas concernés, par exemple ceux pour qui ce n'est pas même un jour férié, ou pour ceux qui disent des grossièretés à toute idée vaguement nationaliste, je vous propose de faire de ce 14 juillet la fête d'autre chose. J'y ai participé, ce fut marrant et un peu cruel aussi, je crois que je vous raconte ça demain.)

 

 

 

 


 

crédits photos: Arnaud Frich pour la magnifique image de Montmartre

                        Le site de la fêtes des lumières pour les photos du Kölner Lichter.

                        Des sites tout à fait anonymes et inutiles pour le reste, genre, des petites annonces pour le camion, un site de tourisme pour la photo du volcan, que je n'ai pas choisi trop impressionnante pour ne pas faire "de l'ombre"!

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k. 17/07/2011 11:04



Hé ben tu es bien chanceuse, je ne me souviens pas de beaucoup de feux d'artifices, le dernier date d'il y a des années, vu de loin (une fenêtre à la Rivière St Louis) au travers d'un esprit
embrumé donc voilà... Cette année je n'ai pas assisté aux feux nationaux, j'étais en famille en train de me remplir la panse.


Honte à moi.
Par contre j'aurais bien aimé voir ta représentation aux flambeaux, ça donne envie !



Maylala 17/07/2011 16:39



Tu n'en as pas entendu parler? Oh mais c'est que ça fait longtemps maintenant... Oh la la la la... Ça fait plus de 10 ans, oh la la la la ça en fait même bien 12 ou 13, la moitié de ma vie s'est
écoulée depuis... Oh la la la la (pardon, approche d'un anniversaire ;) et je n'aime pas trop trop ça!)


En tout cas c'était pas mal, Allon Marron, avec des chansons écrites par msieur l'evêque, des tonnes de costumes (j'adore ça!), des décors que j'avais trouvés impressionnants, des danses, du
cirque... Et surtout, de l'intérieur, une grande grande aventure!


 


Et pour les feux d'artifice, eh bien, dès que Mini aura l'âge de ne pas en avoir peur, il sera de ton devoir de l'amener en voir un (j'aime bien faire la moralisatrice mais il ne faut pas me
prendre au sérieux :) ). C'est dans ses yeux qu'ils seront les plus jolis!