Gens - scène du métro
- "Msieurs dames bonjour et pardon de vous déranger. Jsais bien qu'on vous fait chaque fois le même discours. Mais moi mes parents y sont pas morts quand j'avais 15 ans, j'ai pas arrêté de travailler passque mon gosse était malade, et ma femme m'a pas tout pris au divorce. Non, moi j'ai glissé dans ma connerie tout seul (...) "
Le type, la vingt-cinquaine abîmée, un clodo comme un autre, au discours juste un peu plus original.
- "(...) une p'tite pièce, un ticket restaurant pour rester propre, et encore pardon de vous déranger."
L'air infiniment las, il fait un vague tour, parmi les voyageurs, la main tendue en vain, et puis se dirige vers la porte du métro. C'est alors qu'un autre type assis tout près, un à peine majeur, aux dreadlocks blondes et au visage angélique, lui serre la main vigoureusement et lui dit:
- "Mon frère!"
Avec un sourire enjoué, et une pièce dans la main en question.
Alors le clodo allonge cette poignée de main d'un regard franc et d'un sourire incrédule.
- "Merci..."
Et le métro s'arrête, la poignée de main prend fin, la pièce est empochée, et le clodo et Jésus sortent, et s'en vont chacun de leur côté.