XX Powaa
Quand je fais le bilan de mes lectures, je constate invariablement que j'ai lu, dans ma jeunesse (dans ma "construction"), avant tout sur la seconde guerre mondiale, sur l'après seconde guerre mondiale, et sur des thèmes reliés à la seconde guerre mondiale.
Suivent, je pense, les livres pour enfants pleins de bons sentiments, les livres de contes, les policiers, les histoires de petits rats d'opéra, les romans de ma mère, mais en bien moindre proportion, puis, une floppée de livres à thèmes entremêlés.
Et aujourd'hui, je suis une pacifiste vigilante, qui croit en la profonde bonté de l'humanité et au prince charmant, qui fait des maths et qui pense pense pense, qui aime le rose, et qui se fait chaque jour des films à base d'amour-passion. Et plein d'autres trucs.
Je réalise depuis peu qu'un autre thème a été majoritaire, mais surtout dans l'après-construction, dans ce que je présume être la phase de consolidation, qui se poursuit aujourd'hui.
Le féminisme.
Je ne lis pas sur le féminisme en soi. Mais dès lors qu'une femme un brin moderne écrit autre chose qu'un livre de cuisine, c'est un acte féministe. Dès qu'un personnage féminin décide de poursuivre ses rêves, idem. Ou de ne pas se laisser marcher sur les pieds par un homme. Ou réussit à le battre sur "son terrain".
Du petit féminisme, donc. Pas de quoi faire de moi une personne impliquée. Une femme libre, tout au plus. Un peu comme la plupart des femmes d'aujourd'hui, je pense: pas d'accord pour se taper toute la vaisselle, mais affirmant sans complexe son bonheur à changer des couches (presque).
Sauf que j'entends de toutes parts des voix dénonçant une dangereuse régression alors que, déjà, rien n'était franchement accompli.
Et sauf que je sens peser sur mes épaules une responsabilité: je suis une fille qui fait des maths, c'est plutôt rare... Je me dis parfois qu'il faut absolument que je poursuive dans cette voie, et surtout pas que je devienne une énième institutrice, pour la fierté de mon sexe (pour qu'il garde la tête haute, j'allais dire, mais ça portait à confusion)...
Je n'ai jamais été très ambitieuse. Il me semble que c'est par bon sens, parce que l'argent et les emplois du temps surchargés ne font pas le bonheur.
Mais la fierté de soi fait le bonheur, elle. La mienne pourrait passer par la belle famille que j'aurai sûrement, par de petites victoires au quotidien, par un vague engagement écologique (d'ailleurs faut que je vous parle d'un truc)... pourtant je sens comme un besoin d'un peu plus grand (déjà, il y a ce blog, mon narcissisme fait pixels), certains jours.
Le féminisme, m'est avis, consiste en la préservation d'autant de possibilités pour les femmes que pour les hommes. Ce pour quoi on est sur le bon chemin.
Quant à l'étincelle de désir de voir loin et grand... J'imagine qu'elle devrait être favorisée partout, par principe d'égalité, pour donner l'occasion à tout talent d'éclore, pour notre dynamisme économique, et cetera.
Mais, et je l'ai déjà dit je pense, la vraie "grandeur" est déjà bien répartie, et pardon, mais il y en a peut être même plus de ce côté-ci.
Allez, je suis sûre que ma grandeur peut s'exprimer en une écrasante réussite aux exams. Que je montre ce qu'une fille a dans le ventre .